Tanya Tagaq

@inuk37 just wait! Hahaha.

Profil

Encompassing EDM, pop, neoclassical, and Tagaq's own modified, one-of-a-kind approach to throat singing that embraces the duality of purposefully animalistic growls and soulful trills. VICE

Modern, sexy, and, well, metal. Stereogum

À propos deTanya Tagaq

tanyatagaq.com

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Biographie

L’artiste inuite Tanya Tagaq a remporté le prix Polaris du meilleur album canadien, en 2014, pour son disque Animism. Ceux qui croyaient qu’elle venait d’offrir sa réflexion artistique définitive seront étonnés par sa plus récente création, au même titre que ceux qui avaient dans l’idée que le succès international, les grands festivals et les salles combles du monde entier la conduiraient vers un son plus doux et une approche plus décontractée.

Avec Retribution, Tagaq propose un chef-d'œuvre d’une musicalité et d’un engagement politique encore plus tranchant, plus puissant et plus demandant que son précédent album, Animism. Retribution est en soi une déclaration à la cohérence indiscutable. Laissons tomber la fioriture, cet album traite de viol; celui des femmes, celui de la Terre, celui des enfants, celui des territoires ancestraux dépouillés sans consentement. De là donc l’idée d’inclure une version à glacer de sang de la chanson de Nirvana, Rape Me.

Retribution trace le portrait d'un monde violent en crise et au bord de la destruction. Il s’agit d’un album complexe et exaltant, d’un cri de protestation grâce auquel l’artiste fait le pont entre les droits bafoués des femmes, les désastres subits par la planète et le non-respect des droits des peuples autochtones. Retribution est un album qui célèbre la force des femmes, tout en rejetant le masculinisme militaire et toxique qui a pris d’assaut le monde entier depuis l'avènement du capitalisme industriel occidental. La même doctrine qui menace notre survie, en entrainant des changements climatiques engendrés par la pollution; ou comme Tagaq le souligne dans la surprenante pièce titre de l’album: Money has spent us. (L'argent nous a dépensés.)

Le peuple inuit est aux premières loges pour constater les désastres causés par les changements climatiques. À l’heure où la calotte glaciaire fond à un rythme inquiétant, les Inuits sont témoins de la mort de l'ensemble des écosystèmes de l’Arctique, tandis que la machine colonialiste se vante d’exploiter de nouvelles zones minières pour y trouver des diamants. Les Inuits connaissent la vraie nature des crimes constitutifs de l'identité canadienne. Tagaq est elle-même une survivante des infâmes pensionnats génocidaires canadiens. Une réalité que la population préfère souvent voir comme les reliquats d’un passé lointain.

Tagaq tient les rênes de ce projet et utilise la puissance de sa voix, de son engagement et de ses convictions artistiques sans compromis, pour tirer le meilleur d’un groupe de collaborateurs talentueux également animés de la même mission. Jesse Zubot collabore, en tant que réalisateur et premier violon, à la création d'un éventail impressionnant de sons, tout en mettant la maîtrise de son instrument et d’un arsenal d'effets numériques et analogiques au service du projet. Le jeu de batterie de Jean Martin construit la dynamique et nous entraine à travers un paysage sonore telle une division de chars d’assaut de l’armée Tagaq; une armée qui comprend également la chanteuse de gorge d’origine touvine Radik Tyülyüsh, le rappeur Shad, la chanteuse Inuk traditionnelle Ruben Komangapik, ainsi que la propre fille de Tagaq, Inuuja, que l’on peut entendre sur la première chanson de l’album. Tel un personnage romanesque symbolique, par sa présence, elle sert à incarner à la fois en un avenir meilleur, tout en réaffirmant le sentiment de honte qui devrait naître en chacun de nous, à l’idée de trahir les générations futures.