Alliage naturel de morceaux chantés et instrumentaux, Gimmicks est une sorte de compagnon au plus récent long-jeu du groupe montréalais. C’est la continuité de l’aspect plus électronique qu’on a exploré sur Maintenant Jamais, explique Pierre-Luc Gratton. Même si on a ornementé certaines chansons avec le piano droit et du fuzz bass, la règle numéro un du projet c’était : claviers et synthétiseurs avant tout! C’est pourquoi le groupe y délaisse complètement la guitare, démontrant à nouveau l’ampleur de sa versatilité.
Sur le plan rythmique, l’intégration d’un drum machine a permis aux trois musiciens de repousser leurs propres limites et de mener cet exercice de style à un niveau supérieur. Ça nous a forcé à changer nos habitudes de rythme et à ajouter des envolées d’intensité en recourant aux timbres et aux dynamiques sonores. En résulte un mini-album synthédélique rock parfois inquiétant, parfois planant, mais toujours réglé au quart de tour, sur lequel la contrainte fait place à l’inventivité, à la liberté et à l’amitié. Bien que les adeptes de prog et de krautrock pourront percevoir l’influence de Syrinx, Tangerine Dream et Cluster, Gimmicks est avant tout l’affirmation d’un groupe capable de regarder vers l’arrière pour mieux aller de l’avant.