Jonathan Robert a le muscle créatif généreux. D’abord connu comme chanteur, guitariste, auteur et principal compositeur du groupe Corridor (signé sous l’iconique bannière Sub Pop), c’est en 2015 qu’il commence à archiver plus proprement ses déferlantes idées – ce qui deviendra Jonathan Personne, un projet solo polymorphe, perméable et insatiable. À travers Histoire naturelle (2019), Disparitions (2020), Jonathan Personne (2022), Nouveau monde (2025) et, bientôt, Répertoire (2026), il passe d’une dream pop désertique au rock spaghetti morriconesque, d’un indie rock canonique à de maniérés grooves aux résonances latines. Prolifique par nécessité, protéiforme pour l’être encore davantage, il mène généralement trois albums de front – et la suite est toujours en chantier.
Jonathan Robert a le muscle créatif généreux. Prolifique par nécessité, protéiforme pour l’être encore davantage, il mène généralement trois albums de front. Ce qui fait que chaque projet a beau prendre le temps qu’il faut pour rapatrier et définir son unicité tout en changeant de direction en cours de route, il y en a toujours un du lot qui est sur le bord de la complétion.
D’abord connu comme chanteur, guitariste, auteur et principal compositeur du groupe Corridor (signé sous l’iconique bannière Sub Pop), c’est en 2015 qu’il commence à archiver plus proprement ses déferlantes idées en solo, après que sa blonde lui ait offert un enregistreur Tascam quatre pistes. Un monde des possibles s’ouvre alors à lui : son appétence pour une vaste gamme de genres musicaux épouse ses intuitions lo-fi et, rapidement, il devient clair que le projet sera polymorphe. Il se met donc à réunir des maquettes aux sonorités ou inspirations similaires et, déjà, avant même qu’un premier morceau soit dévoilé, une discographie se dessine.
C’est sous l’alias Jonathan Personne qu’il s’affirme – signe d’une volonté bien claire de ne pas devenir quelqu’un d’une part, tout comme c’est une affirmation de la pluralité de son identité. D’une dream pop désertique au rock spaghetti morriconesque, de la jangle pop à la The Clean en passant par une propension à l’utilisation d’échantillons et séquences, des maniérés grooves aux résonances latines jusqu’à l’indie rock éloquent évoquant Galaxie 500 ou Yo La Tengo, il trace un chemin jalonné de cinq albums en seulement sept ans (avec, bien entendu, des albums de Corridor au travers). Si on voulait ploguer des beaux mots, on pourrait dire qu’il est d’un munificent stakhanovisme, et tant mieux.
Ça commence en 2019 avec Histoire naturelle, un premier album naturellement constitué de morceaux créés au fil des premières années du projet, avançant un rock lo-fi perméable, à la fois économique et intrigant, en révérence des trames sonores grandiloquentes ici arrangées avec les probants moyens du bord. L’année suivante paraît (déjà, oui) Disparitions, une collection écrite pendant le mixage de la précédente, qui met de l’avant des riffs classic rock direstraitsesques bien vectoriels, et qui est notamment louangée par Libération en France. Il se met ensuite à plancher sur ce qui deviendra son cinquième disque, mais, décelant un changement de direction marqué, il préfère se concentrer sur un autre recueil de chansons, réunies sous l’appellation homonyme Jonathan Personne en 2022 : une élaboration rupestre et mystérieuse, syncrétique d’époques sondées, affirmant son intérêt pour les manipulations sonores, et saluée des deux côtés de l’Atlantique. Il revient en 2025 avec Nouveau monde, une sélection de morceaux jusqu’ici mis de côté, assemblés dans un corpus noise pop cohérent.
Puis, en 2026, en phase avec ses habitudes, il se redéfinit encore avec Répertoire, un cinquième album entamé il y a une demi-douzaine d’années. En marge de ses parutions précédentes (comme toujours), Jonathan Personne porte ici son coffret de riffs tristes vers quelque lumière, puisant dans le yacht et le soft rock ainsi que dans des arrangements aux influences évasivement brésiliennes pour façonner quelque chose qui ne sonne pas du tout comme ce qu’on pourrait présumer : basse entraînante et mélodieuse bien à l’avant, figures récursives manipulées et guitares auto-échantillonnées forment une indie pop à la fois groovy et contemplative, noisy et rêveuse. Répertoire paraîtra le 28 août sous Bonsound – et, déjà, d’autres suites sont en chantier.
Nouveau Monde is a pristine, majestic pop album
Exclaim!Sublime
Libérationune collection de chansons libres, chaleureuses et d’une irrésistible humilité
Téléramaun album folk-rock plus ludique que ses précédents et musicalement tout aussi solide
La Presseun album libre et décomplexé qui se tient du début à la fin
Rolling Stone Québec